I can’t look at sea for long or
I loose interest on what’s happening on land

 
 
 

Il fut un temps où une lettre d’amour ne parvenait à son destinataire qu’après un voyage de plusieurs jours, voire même un périple sans fin. Alfred de Musset n’a jamais reçu les dernières lettres de George Sand. De nos jours, une correspondance manquée n’existe presque plus. Les outils pour communiquer instantanément avec l’autre à distance se multiplient et avec eux, nos comportements changent.

Au-delà de l’emphase propre à leur siècle, l’échange épistolaire entre George Sand et Alfred de Musset était fait de consistance et d’ardeur rares. Cela tenait d’abord à la teneur de leurs sentiments, mais aussi au talent de leurs plumes et aux conditions de cet échange. La lettre d’amour véhiculait alors une passion qui pouvait être vive et qui se mesurait à l’aune de la patience… ou de l’impatience de son expéditeur. Ses mots étaient choisis pour pallier l’absence et l’attente. Lorsque le destinataire en active le contenu, l’encre déposée sur le papier acquiert une charge sentimentale forte. La lettre, comme l’œuvre d’art, cesse de n’être qu’un support lorsqu’elle s’inscrit dans une relation avec son destinataire. Si sa matérialité est liée au degré de matérialisation de la relation qu’elle établit, la lettre, comme l’ouvre d’art, ne peut se substituer à l’expérience directe et sensuelle. L’expérience mène au-delà de l’objet.

 

(1)
Hypersomnia, 2013
Hypersomnie
(En collaboration avec Simon Asencio et Claire Andrzejczak.)

 

(2)
Sans Titre, 2013

 

(3)
I can’t look at the sea for long or
I lose interest in what’s happening on land
, 2013)
Je ne peux pas regarder la mer longuement
Sans perdre l’interêt pour ce qui se passe sur terre

 

(4)
Une image qui n’existe pas encore, 2013

 

(5)
Sans Titre, 2011

 
 

(1)
Hypersomnia, 2013
Hypersomnie
(En collaboration avec Simon Asencio et Claire Andrzejczak.)
Installation, Soie. Dimensions Variables.
Les éléments, les déjà-là, participent à la dramaturgie de ce volume-image comme autant de présences du lieu .... Un objet à l’échelle d’un espace, comme un vestige du Temps.

(2)
Sans Titre, 2013
Installation, 2 pièces de cuivre plié (347 x 5 x 5 cm). Dimensions Variables.
Une ligne vient souligner un instant lumineux, souligner une ascension, souligner un détail architectural. Jouant sur la réflexion des différentes sources lumineuses du lieu, les rambardes viennent s’inscrire dans l’espace, à la limite du perceptible.

(3)
I can’t look at the sea for long or
I lose interest in what’s happening on land
, 2013
Je ne peux pas regarder la mer longuement,
Sans perdre l’interêt pour ce qui se passe sur terre
Photographie, Impression sur dibond. 42 x 23 cm.

(4)
Une image qui n’existe pas encore, 2013
Aquarium (60 x 30 x 30 cm), filtres, lampes PAR, eau, miroir solaire. Dimensions Variables.
L’orientation de projecteurs PAR sur les différents milieux (gélatine, verre, eau) décompose la couleur en un ensemble de nuances qui viennent se mêler aux différentes textures du lieu. Quelques éléments du dispositif de prise de vue photographique en studio, habituellement placés derrière l’œil caméra, proposent la possibilité d’une image.

(5)
Sans Titre, 2011
Installation, Mylar, films iridescents pliés et 6 LEDs. Dimensions variables .
Un petit pliage tel un signal lumineux prend possession d’un grand espace dans l’obscurité. Depuis l’entrée, l’alignement précis avec une source de lumière et la position du regard offre l’ensemble des couleurs du spectre de la lumière visible. Le déplacement dans l’espace déplie une multitude de variations colorées.